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Archive for juillet 2007

Les préparatifs militaires le long de la frontière entre Israël et la Syrie vont bon train

Un an après la guerre entre le Hezbollah et Israël, les bruits de botte semblent refaire surface malgré un calme trompeur. L’intronisation du président syrien, Bachar al-Assad, après sa réélection avec 97,2% des voix, a été marquée par un discours d’ouverture envers Israël. Ainsi, il exige que les dirigeants israéliens prennent au sérieux la proposition syrienne d’un retrait israélien du plateau du Golan contre un accord de paix, similaire avec le Traité de paix entre Israël et l’Égypte en 1979.

Israël de son côté, par l’intermède d’Ehoud Olmert, a invité les Syriens à ne pas attendre le retour des Américains à la table des négociations. Les Syriens sont clairs, il n’y aura pas de paix sans un retour du plateau du Golan sous sa souveraineté. Aux yeux de tous, les quelques 1 158 km2 du plateau du Golan constituent à n’en pas douter un atout politico-stratégique de première importance pour l’État hébreu. Contrôlé par Tsahal à partir de juin 1967 à l’issue de la guerre des Six Jours, le plateau a été annexé en 1981, sous le gouvernement de Menahem Begin, par une loi fondamentale de la Knesset. Quatre décennies plus tard, alors qu’Israël l’a peuplé et développé, le Golan est devenu à ce point une carte stratégique que même le distingué James Baker – ex-secrétaire d’État américain de Bush-père au début des années 1990 et qui n’est pas, tant s’en faut, un grand amoureux du sionisme – en a fait un point central dans son fameux rapport sur la situation en Irak.

Le plateau du Golan, enjeu géostratégique pour Syriens et Israéliens
Le plateau du Golan, enjeu géostratégique pour Syriens et Israéliens

Cependant, le processus de dialogue, qui s’est interrompu en 2000, semble difficile à réamorcer. L’axe Damas-Téhéran qui n’a cessé de se renforcer depuis la guerre en Irak en 2003 est pris au piège de sa rhétorique. La reprise du dialogue israélo-syrien est dépendant de nombreux facteurs : la situation dans les Territoires occupés, la crise au Liban, la guerre en Irak et le nucléaire iranien.

Le pouvoir syrien comme le Hezbollah semble prisonnier des tentacules du pouvoir iranien. Cependant, il ne faut pas douter de l’indépendance du pouvoir syrien qui connaissance de cause soutient les groupes palestiniens comme le Hamas et approvisionne en armes le Hezbollah. Les Israéliens ne cessent pas d’avertir la communauté internationale sur la situation périlleuse qui se développe sur le terrain. Le calme qui règne actuellement dans la région est précaire. La prise du contrôle de la bande de Gaza par le Hamas est une source de nouvelles tensions entre la Syrie et Israël.

Si dans les couloirs diplomatiques, on essaye de rabibocher les différentes parties, sur le terrain les préparatifs militaires se déroulent de manière active. L’inquiétude est grande chez les diplomates sur le risque d’un conflit de grande ampleur. Denis Ross, ancien négociateur américain au Moyen-Orient du temps de Clinton, craint qu’un conflit éclate entre les deux parties vu la situation d’extrême tension dans l’ensemble de la région.

Israël a effectué au début de l’année des exercices de préparation sur le plateau du Golan. Des deux côtés de la frontière israélo-syrienne, les tractopelles creusent des tranchées et du côté syrien, on a observé des mouvements de troupe, non loin de la frontière. Par ailleurs, les Syriens vivant au Liban ont reçu l’ordre de revenir sur le territoire. Certains y voient un signe précurseur d’un conflit à venir. Ceci reste à voir.

L’hostilité de la famille Assad envers Israël complique sérieusement la crédibilité d’un vrai compromis de paix. Autre facteur, la présence toujours active du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, auprès de la Syrie, rend peu plausible la thèse d’un prochain accord de paix. La visite d’Ahmadinejad en Syrie, jeudi 19 juillet, doit renforcer la coopération entre les deux pays. La fenêtre d’opportunité pour un accord de paix est minuscule mais le fait de la saisir peut être une chance inestimable. Le mois d’août risque de faire entrer le Proche-Orient dans une période de fort tumulte.

F.V.

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Le projet américain sème le doute chez les Alliés européens et attise la colère des Russes

Depuis plusieurs mois, l’affaire du bouclier antimissile américain sur le continent européen ne cesse de prendre de l’ampleur. Les États-Unis justifient l’installation d’un radar en République Tchèque (sur le site de Jince) et de dix intercepteurs en Pologne par la menace iranienne.

Un dispositif américain contre le danger balistique iranien

Le calendrier de l’installation des systèmes doit être achevé à compter de 2011. Le déploiement complet aura lieu d’ici 2013 avec les dix intercepteurs situés sur le territoire polonais. Les Américains expliquent ce déploiement par la capacité de l’Iran à développer des missiles intercontinentaux d’ici 2015. Pour parer à cette menace, les États-Unis ont mené de longues tractations avec les pays européens.

A l’heure actuelle, les États-Unis possèdent déjà des radars en Grande-Bretagne et en Norvège, hérités du temps de la Guerre froide. Ce nouveau projet d’installation n’a au départ pas attiré les médias sur la problématique, cependant, la réaction russe a provoqué d’importants remous sur la scène internationale. Les Russes ont longtemps pensé que le projet s’inscrivait dans le cadre de l’OTAN. En conséquence, cette installation devait se dérouler dans le cadre du Conseil OTAN-Russie. Depuis le début de l’année, nous assistons à une montée des périls entre la Russie et l’Occident.

Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, et Jaap de Hoop Schaffer, Secrétaire général de l'OTAN
Rencontre entre Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, et Jaap de Hoop Schaffer, Secrétaire général de l’OTAN

L’accord donné par l’OTAN et son secrétaire général, Jaap de Hoop Schaffer, met la Russie devant le fait accompli. La Russie s’emploie à faire des contre-propositions (voir ci-dessous) pour empêcher ce déploiement unilatéral. Les Russes perçoivent cette installation directement dirigé contre eux et non pas contre les missiles iraniens. En outre, le choix de la Pologne par les États-Unis n’est pas fait pour apaiser les relations russo-polonaises qui ne cessent de se dégrader ces dernières années.

Les autorités polonaises exigent le déploiement de batteries de missiles Patriot autour des sites des intercepteurs. Cette exigence s’explique par une éventuelle menace de missiles à courte et moyenne portée – une menace qui ne pourrait provenir que de la Russie et de la Biélorussie. Cependant, selon certains sondages, l’opinion publique polonaise apparaissait réticente au projet américain. L’argumentaire développé, par certains, pour justifier ce déploiement est perçu en République Tchèque et en Pologne comme l’ultime garantie sécuritaire contre la Russie.

Le sommet du G8 en Allemagne, en juin dernier, devait relancer le dialogue russo-américain qui connaît depuis ces dernières années de profondes turbulences. Vladimir Poutine a surpris les diplomates occidentaux en proposant d’utiliser les bases russes situées en Azerbaïdjan (pays frontalier de l’Iran). La Maison Blanche a remercié poliment le Kremlin de cette offre, mais ne la perçoit pas comme une solution de rechange, au contraire. Ainsi, si les Américains étudient cette proposition, ils restent figés sur leur position.

Le bouclier anti-missiles européen : proposition, contre-proposition

Ce projet sème le doute chez les Alliés européens qui ne comprennent pas la réelle utilité de cette installation. Par ailleurs, la crise actuelle prouve de nouveau l’incapacité des Européens à s’entendre et à donner une position commune forte. Cette fois-ci, les conséquences pourraient être désastreuses pour le continent européen. Si beaucoup d’experts pensent que Vladimir Poutine adopte ce ton offensif comme un argument de la prochaine campagne électorale en Russie, les dommages créés par cette crise pourraient se révéler irréversible.

La Russie est passée à l’acte en se retirant du Traité des Forces Conventionnelles en Europe. Ce moratoire n’oblige plus la Russie à une étroite coopération avec l’Occident. Par exemple, l’État-major de l’armée russe peut effectuer des mouvements de troupes sur son territoire sans en informer les Alliés. Par ailleurs, les Russes pourront déployer des missiles à courte et longue portée. Le vice-Premier ministre et favori à la succession de Vladimir Poutine, Sergueï Ivanov, dévoile les possible projets russes. Ainsi, il n’exclue pas le déploiement de batteries de missiles dans l’exclave de Kaliningrad constituant une menace directe pour la Pologne et l’Allemagne. Cette menace vient après la réussite du test du nouveau missile de croisière de haute précision, Iskander. Enfin, le chef d’État-major de l’armée russe, Youri Balouyevski, a déclaré à propos des Polonais, « si vous voulez le bouclier américain, achetez des masques à gaz ». Les perspectives apparaissent assez sombres pour les mois à venir, sachant que le contentieux entre Russes et Occidentaux est très lourd. Affaire à suivre…

F.V.

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