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Archive for mars 2007

Conférence du sociologue Loïc Wacquant sur les défaillances de nos sociétés capitalistes

Loïc Wacquant, sociologue français né en 1960, a été l’élève de Bourdieu et enseigne aujourd’hui aux Etats-Unis. Il a réalisé plusieurs ouvrages dans lesquels il étudie les conséquences sociales de la pauvreté.

Dans cet extrait du documentaire de Pierre Carles, Attention Danger travail, on le voit tenter de nous faire percevoir la manière dont nous sommes, pour la plupart, soumis aux conceptions de la société marchande et voyons nos vies à travers son seul prisme. Il parle de « blocages mentaux », de « notre incapacité à penser l’activité de vie en dehors de la forme marchande », et propose d’autres formes de société possibles.

Tout ceci reste de l’ordre de l’imaginaire ou de l’utopie quand on y pense au premier abord, mais la manière dont le sociologue décortique les mécanismes de ces « blocages » et leurs causes, nous révèle clairement cette soumission à laquelle nous sommes sujets. On peut ne pas être d’accord avec ce que le sociologue propose en lieu et place de cette « société marchande » mais au moins, on aura fait l’effort d’envisager la possibilité d’une autre forme de société.

Extrait diablement instructif.

R.C.

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La communauté internationale se désintéresse du Darfour malgré une situation génocidaire

« La France dans les pièges de l’Afrique », c’est le titre de l’émission que C dans l’air consacrait le 2 novembre 2006 dernier au Darfour, cette grande région de l’Est du Soudan en proie à la guerre civile.

300 000 morts depuis le début du conflit en 2005, 2,3 millions de déplacés, 250 000 réfugiés, et le mot génocide qui commence à s’entendre sur les lèvres des officiels. Est-on en train d’assister à un nouveau Rwanda, une catastrophe humaine et humanitaire se déroulant sous nos yeux sans que l’on bouge pourtant le petit doigt pour cause de désaccord entre grandes puissances sur les moyens de régler le conflit ? Si le Soudan n’est pas une puissance à proprement parler, il est riche de son pétrôle dont une grande puissance, la Chine, s’est fait l’un des principaux acheteurs. C’est là que le bas blesse.

Malgré un titre un peu racoleur qui prétend placer la France au cœur du débat de cette émission, la discussion se concentre en réalité sur le conflit, ses causes, ses similitudes avec celui du Rwanda, et quels sont les pièges à éviter pour que cela ne se reproduise pas au Darfour. En espérant que l’Afrique ne soit pas encore une fois la grande oubliée de la communauté internationale.

R.C.

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Les médias souffrent d’une critique constante et parfois exagérée

Dire que les médias (télévision, presse, radio) diffusent largemement la pensée dominante du libéralisme est une évidence. Dire que cette pensée dominante est une manipulation organisée par quelques grandes puissances d’argent, des entreprises du CAC 40, propriétaires de grands médias (Bouygues, Lagardère…), tentant d’étouffer toute remise en cause de la société de consommation et du capitalisme serait attesté une certaine théorie du complot. Cette théorie serait que les médias, et la société du spectacle plus généralement, conforte le public dans le système capitaliste et lui annihile tout esprit critique. Les journalistes sont de mèche avec les élites politiques et financière et dirige le peuple vers ce qu’il est bon de penser. Le public serait donc une horde de moutons abrutis et maléables.

Pourquoi ne pas prendre le problème dans l’autre sens ? Les médias diffusent largement une pensée dominante car il existe une pensée dominante, acceptée et partagée par la majeure partie de la population. On pourrait d’ailleurs parler de consensus plutôt que de pensée dominante. Nous en sommes arrivés à un point de notre histoire où un consensus général s’est réalisé sur la nature de notre société : une société acceptant laa liberté d’entreprendre mais souhaitant corriger ses effets néfastes par une politique sociale. Ce n’est pas le fait des médias (en parler de manière globale est d’ailleurs une erreur) qui ont réussi à faire accepter aux moutons cette société que l’élite politique et économique appelle de ses vœux. C’est le fait de l’histoire : l’expérience communiste a tourné court et a montré ses limites, le libéralisme total est en train de montrer les siennes, la majorité des citoyens adhère à un modèle démocratique et rejète tout dogmatisme. Mais qui dit concensus ne dit pas fin de l’histoire et système figé pour l’éternité. Qui dit pensée dominante ne dit pas pensée unique. Le concensus se fait sur un grand nombre de valeurs mais la démocratie reste ouverte au changement politique. Et surtout, qui dit pensée dominante ne dit pas que celle-ci ne devrait pas être remise en cause. Avouer cela n’est pas avoué que l’on partage cette pensée dominante et qu’on veut l’imposer. Nous ne sommes pas en train de militer pour celle-ci, nous ne faisons que constater ce qui existe dans la société et nous dressons contre ceux qui parlent de manipulation. Il existe un concensus et les médias ne font que le relayer.

Comme le disait Raymond Aron à propos de ses lecteurs au Figaro : « les lecteurs attendent la justification de leurs opinions ». Il en va de même des lecteurs du Figaro que du reste des consommateurs de médias. Il existe des journaux comme l’Humanité, Politis ou même Libération, ou des stations de radio comme Radio Libertaire, qui prônent un autre discours. Pourquoi ces médias n’ont-ils pas plus d’audience si, selon la théorie du complot, la population est prisonnière de la propagande officielle et souhaite entendre un autre discours ? La liberté de la presse existe dans ce pays, la liberté d’expression, ainsi que la pluralité. Il serait plus juste de dire que leur public est restraint, tout comme est restraint le public qui adhère à leurs idées. Les journaux et les émissions d’information à la télévision et à la radio ne procèdent pas à une remise en cause perpétuelle du libéralisme car la majorité du public ne s’attend pas à cela. Comme si aller à l’encontre de ce que pense la majorité devait être un gage de bonne foi et de déontologie journalistique. Non pas qu’il n’est pas bon de remettre en cause ce modèle de société, nous ne vivons pas dans une société qui a trouvé toutes les réponses et nous avons besoin de voix différentes, mais pourquoi attester une théorie du complot ?

Cette théorie sort le plus souvent de la bouche de ceux qui adhèrent aux idées d’extrème gauche comme d’extrême droite, c’est-à-dire des courants d’idées et des partis minoritaires du pays. Ceux qui ne se retrouvent jamais au pouvoir. Serait-ce de la frustration de ce que la majorité se détourne et se désintéresse de leur système de pensée qui ferait que cette théorie du complot médiatique est la seule raison à la non victoire de leurs idées ?

R.C.

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La candidate du PS cède aux sirènes des sondages

Ségolène RoyalDimanche dernier, Ségolène Royal affirmait devant près de 4 000 élus locaux du Parti socialiste, avoir l’ambition de réformer la Constitution et de passer à une VIe République. Depuis le début de la campagne, Ségolène Royal a certes avancé un projet de « République nouvelle » mais n’a jamais affirmé le souhait de changer de république, ce qui avait d’ailleurs valu à Arnaud Montebourg lors de son ralliement à la Présidente de Poitou-Charentes d’être accuser de renier ses convictions en faveur de cette VIe République. C’est la première fois qu’elle passe le pas, que s’est-il donc passé ?

On se perd un peu dans ces propositions disant une chose un jour et une autre le lendemain. Ce qui apparaît clairement, ce n’est pas tant que Ségolène Royal a fait évoluer son opinion sur ce point mais que ses déclarations d’intention et ses propositions se font au gré de l’évolution des sondages. Les sondages baissent, on rectifie le tir par de nouvelles propositions. La semaine dernière a eu lieu au Parti socialiste un Conseil national devant examiner le cas Bayrou et les moyens de le contrer. La VIe République semble être l’un de ces moyens imaginés par la candidate et ses conseillers pour le contrer, plus qu’une véritable proposition qui prendra forme sous une éventuelle présidence Royal.

François Bayrou a gagné des points dans les sondages, notamment en apparaissant aux yeux de l’opinion comme étant le plus progressiste dans la manière dont il veut gouverner (réforme de la Constitution, gouvernement d’union nationale). C’en était trop pour la candidate du PS qui, dans sa campagne de verbiage, a cru bon de devoir dire qu’elle laissait le soin à lui et à Nicolas Sarkozy « de s’agripper aux oripeaux de la Ve République » (voir l’article du Monde à ce sujet). On croit rêver quand on se rappelle qu’il y a quelques mois elle était l’une de ceux qui s’accrochaient à ces oripeaux en ne souhaitant pas se défaire des institutions de 1958. Cas typique de surenchère électorale.

R.C.

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Extrait

Existe-t-il une vraie liberté ?

« Nous avons quitté la terre et sommes embarqués ! Nous avons laissé la passerelle derrière nous, – mieux encore, nous avons laissé la terre derrière nous ! Eh bien ! petit navire, prends garde ! A tes côtés il y a l’océan : il est vrai qu’il ne mugit pas toujours, et parfois sa nappe s’étend comme de la soie et de l’or, une rêverie de bonté. Mais il viendra des heures où tu reconnaîtras qu’il est l’infini et qu’il n’y a rien de plus terrible que l’infini. Hélas ! pauvre oiseau, toi qui t’es senti libre, tu te heurtes maintenant aux barreaux de cette cage ! Malheur à toi, si tu es saisi du mal du pays, comme s’il y avait eu là-bas plus de liberté, – et maintenant il n’y a plus de « terre » ! »

Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir (1882)

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Nicolas Sarkozy propose la création d’un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale

La France est un vieux pays d’immigration. Au carrefour de l’Europe, elle a connu des siècles de mouvements de populations. Tout le monde en a conscience aujourd’hui et la notion de « Français de souche » est complètement désuette. Et c’est ce qui fait la richesse de ce pays, la France est riche de sa diversité et son identité nationale en est le direct reflet. Parler d’un Ministère de l’immigration n’a rien de choquant, ce sujet est d’actualité. Si la création d’un Ministère peut permettre d’éviter les drames humains que l’on connaît, causés par l’immigration clandestine et le buisness qui en découle, on ne peut que l’appeler de ses vœux. Mais pourquoi alors y associer l’identité nationale ? Et est-ce que l’identité nationale a sa place dans un Ministère ? Nicolas Sarkozy pense que oui et que l’immigration devrait s’accompagner d’une adhésion aux valeurs de la république par ceux qui prétendent à venir vivre en France. Pourquoi alors ne pas parler d’intégration ?

L'identité nationale

Car l’identité nationale est un tout autre concept que l’intégration. Elle réfère à la culture et aux valeurs de tout une population et englobe beaucoup plus que les simples valeurs de la république. Cette identité nationale dépend tout d’abord de ceux qui font partie de la Nation. L’immigration a fait changé notre identité nationale au cours des siècles car les immigrés se sont ajoutés à la communauté nationale, ils ont à la fois adhéré à nos valeurs et nous ont apporté les leurs. Assimiler l’immigration et l’identité nationale reviendrait à dire que les immigrés doivent adhérer totalement à notre identité nationale pour prétendre à vivre sur notre sol alors qu’au contraire leur présence fait évoluer notre identité. L’identité nationale n’est et ne peut être régentée par l’Etat. Elle n’a pas d’existence propre ni de définition propre, ce n’est qu’un concept que chacun définit à sa guise. La faire entrer dans un ministère institutionnaliserait son existence et donc appellerait une définition. Il y aurait alors une définition « officielle » de ce qu’est notre identité nationale. Et là ce serait rentrer dans les zones marécageuses du nationalisme. Chacun s’y reconnaîtrait-il ? Sûrement pas. Car c’est la diversité des hommes et des femmes qui peuplent la France, la diversité des opinions, des valeurs qui fait que notre identité nationale est ce qu’elle est. On ne pourrait accepter que cette identité ne soit réduite à une seule définition.

C’est pourquoi il se serait plus judicieux de parler d’intégration, terme plus neutre. Le terme d’intégration englobe dans le même temps deu notions dont l’une est souvent oubliée : l’intégration c’est le devoir des immigrés à s’intégrer dans la communauté nationale, d’adhérer aux valeurs de la république, de respecter les lois, mais c’est également son droit, en retour, à être intégré, accepté et traité aussi justement que n’importe quel autre citoyen. A l’heure où le BIT (Bureau international du travail) dénonce un racisme important à l’embauche dans notre pays (voir l’article du Nouvel Obs’ paru dernièrement à ce sujet), il serait temps d’accompagner au débat sur les devoirs des immigrés envers la République un débat sur les devoirs de la République envers les immigrés, car ces derniers sont très peu remplis.

R.C.

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L’Ambassade de France en islande organise un festival culturel français

« Pourquoi pas ? Un printemps français en Islande » (www.pourquoipas.is) est un festival culturel se déroulant dans toute l’Islande du 22 février au 12 mai 2007.

En association avec l’Alliance française de Reykjavík et le Ministère de l’Education islandais, ainsi que divers sponsors, l’Ambassade de France en Islande organise des festivités qui se veulent être une première sur cette île de 300 000 habitants en ce qui concerne la diffusion de la culture française.

« Pourquoi pas ? » (du nom du bateau du commandant Charcot qui coula au large de l’Islande en 1936) a réussi l’exploit de faire venir dans cette petite contrée arctique nombre d’artistes français (Dionysos, Emilie Simon, Marie Darrieussecq pour les plus connus) et a conçu une programmation éclectique (voir le programme sur le site Internet du festival) allant des arts de rue, au théâtre en passant par la littérature, le cinéma et la musique. Un festival du film, une semaine du livre et des concerts auront lieu en point d’orgue du festival pour ce qui se doit être deux mois de découverte de la culture française en Islande.

R.C.

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L’attitude des partis envers leur candidat joue un plus grand rôle que l’on ne croit

François BayrouOn dit souvent que l’élection présidentielle est la rencontre d’un homme avec le peuple. C’est vrai. Les Français doivent élire l’homme qui, pendant cinq ans, dirigera la politique du pays et imposera ses priorités au Premier Ministre et au gouvernement, qui représentera la France dans le monde et qui, par son charisme et son autorité, sera capable de redonner confiance à la Nation en ces temps de crise. Lourde tâche donc. L’élection présidentielle a pour but de révéler cette personnalité et son aptitude à rassembler le peuple dont il sera le président, le président de tous les Français.

Ségolène Royal, candidate de gauche, perd depuis quelques mois des intentions de vote au profit , comble de l’ironie, de François Bayrou, centriste mais catalogué à droite car ayant toujours appartenu à des gouvernements de droite. Ségolène Royal n’aurait-t-elle donc pas cette carrure de chef d’état, indispensable à la prétention à la magistrature suprême ? Si, elle l’a. Depuis cinq ans, Nicolas Sarkozy et François Bayrou se sont affirmés, chacun dans leur registre, comme des leaders, ont affirmé leurs idées, les ont faites assimilées par l’opinion et se sont retrouvés en 2007 dans le rôle de candidats naturels de leur parti à l’élection présidentielle. La révélation de Ségolène Royal est plus récente, elle s’est produite au cours de la primaire du Parti socialiste et c’est là que réside la légitimité de sa candidature : elle a été plébiscitée par l’opinion d’abord (peut-on vraiment parler de « sondages » qui l’ont plébiscité ?) puis par les militants socialistes alors qu’au départ elle n’avait aucune ambition particulière pour cette élection. C’est bien que les électeurs lui trouvent quelque aptitude à la fonction présidentielle. Alors pourquoi perd-elle le soutien de la gauche sur les bases d’un programme social-démocrate similaire à celui de François Bayrou ?

Comme nous l’avons dit précédemment : L’élection présidentielle est la rencontre d’un homme avec le peuple, et dans cette campagne, Ségolène Royal, dont la liberté d’esprit avait séduit lors de la primaire, s’est retrouvée étouffée par l’appareil socialiste. En 2002, Jospin avait perdu car sa candidature avait été avant tout celle du Parti socialiste et non la sienne, les électeurs n’avait donc pu s’identifier à sa personne. En 2007, ce risque guète Ségolène Royal. Les caciques socialistes brandissent à tout-va le programme du Parti dont on sait qu’il ne correspond pas aux opinions de la présidente de région et reprennent trop souvent à leur compte cette campagne comme si elle était celle du PS et un peu celle de chacun en même temps. En résulte de nombreux couacs et un brouillard idéologique qui s’épaissit. François Bayrou a quant à lui cette chance d’avoir derrière lui un petit parti, dévoué, soutenant toutes ces idées et donc lui laissant le champ libre dans cette campagne. On entend peu parler de l’UDF, on entend plus parler de François Bayrou, et c’est là la manière dont devrait se dérouler la campagne. Les Français s’indentifient à lui d’abord et non à son parti. Nicolas Sarkozy possède également un parti dévoué derrière lui, l’UMP, dévouement dont il a compris la nécessité très tôt en le conquérant ces cinq dernières années, militant par militant, élu par élu. Il est devenu logiquement président du grand parti de la droite fort de cette conquête et il y jouit aujourd’hui d’un respect et d’une autorité indispensable pour le bon déroulement de sa campagne. L’arrivée tardive de Ségolène Royal dans les hautes sphères du Parti ne lui ont pas permis de réaliser ce travail et sa chute dans les sondages en est le résultat direct. Chute de Ségolène Royal et envolée de François Bayrou

Il est désormais possible que la candidate du PS ne se trouve pas au second tour de l’élection au vu de l’évolution des intentions de vote (voir les courbes d’évolution des sondages sur le site election-politique.com). Le PS, non content d’afficher ses divisions par le jeu des petites phrases, des insinuations, du soutien du bout des lèvres, n’a pas retenu les leçons de 2002 et la « machine à perdre » dont Ségolène Royal avait qualifié la campagne de la primaire qui avait vu se déchaîner une agressivité sans précédent contre elle, est toujours en marche.

R.C.

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Entre poursuite du combat et résignation, le mouvement féministe se trompe de cible

Féministes

8 mars, Journée internationale des Femmes. Que célèbre-t-on vraiment ? La condition de la femme ? Il n’y a pas vraiment matière à se réjouir. Dans les pays du Tiers-Monde, les femmes subissent toujours cette pression ancestrale de la société qui les maintient dans une classe inférieure et leur ferme toutes les portes de l’ascension sociale. Dans nos pays occidentaux, censés donnés l’exemple, des barrières que l’on s’excrime à franchir depuis 30 ans demeurent infranchissables. Les choses ont certes évoluées depuis les années 70, les femmes ne subissent plus la pression de la société, elles travaillent, accèdent à des postes à responsabilité, mais à dose homéopathique. Les salaires demeurent inégaux et les hautes sphères de l’Etat et des affaires restent encore fermées.

Que célèbre-t-on alors ? Le combat qui continue ? Oui, mais on voit bien qu’il s’enlise. Autant dans les années 70, les féministes se révoltaient contre les hommes (dénomination généralisante mais qui correspondait bien à la situation de l’époque) qui les considéraient comme la mère de leur enfants, leur femme de ménage et les maintenaient dans une servilité révoltante, autant aujourd’hui, les féministes se révoltent contre des hommes qui ont beaucoup évolué dans leur perception des femmes au point d’être devenus (pour la plupart, à mon avis, même si c’est discutable) eux-mêmes des féministes, cependant silencieux. Les féministes se battent toujours, par leur vocabulaire, contre les hommes (ces hommes qui sont prêts à voter Ségolène Royal pour qu’une femme devienne enfin Présidente de la République) quand les problèmes d’inégalité hommes-femmes se nichent dans des secteurs bien précis de la société et non plus dans la structure même de la société comme autrefois. La société a évolué mais pas le discours. Combat juste, mauvais ennemis.

Car tout combat d’un groupe qui n’intègre pas des membres du groupe dont fait partie ses oppresseurs est un combat sans fin (par exemple le combat des immigrés que l’on ressent être un combat contre les « natifs ») car il y aura toujours cette question en forme de suspicion qui demeure : qui attaquez-vous ? Tant que le féminisme sera le combat des femmes sans les hommes, le féminisme sera ressenti comme étant le combat des femmes contre les hommes, et les dernières barrières à franchir pour parvenir à l’égalité resteront infranchissables. On perd toujours quand on se trompe d’ennemi. Le féminisme devrait être le combat de ceux qui veulent l’égalité, et malheureusement dans les principales associations féministes comme Les Chiennes de garde ou Ni putes ni soumises, on voit peu d’hommes. Le nom même de ces associations n’augure rien de bon quant à une marche hommes/femmes main dans la main vers l’égalité.

R.C.

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La presse et les journalistes font apparaître leurs contradictions sur l’« Affaire Duhamel »

L’hebdomadaire Marianne, (dont on sait qu’une partie de la rédaction soutient François Bayrou), s’est insurgé dans son numéro du 24 février, de la suspension d’Alain Duhamel de RTL et de France 2 pour toute la durée de la campagne présidentielle à cause de la diffusion sur Internet d’une vidéo où on l’entendait dire qu’il voterait Bayrou.

Marianne, dans deux articles (pas moins) paru dans ce même numéro, « Il faut sauver l’antirebelle Duhamel » de Laurent Neumann et « L’injustice faite à Duhamel », tribune de Charles Libman, s’insurge contre cette suspension, qualifiée d’« injustice ». Dans le même temps et dans le même article, Laurent Neumann critique le fait que de nombreux journalistes soient (dit-il) « ouvertement » sarkozistes, notamment Franz-Olivier Giesbert, « auteur du livre le plus délibérément pro-Sarkozy des dix dernières années », qui a, comble de l’ironie, pris avec Serge July la place d’Alain Duhamel sur RTL.

Ces deux positions sont recevables : on peut militer pour la liberté de parole des journalistes ou dénoncer leur prise de position pour un candidat. Elles sont chacune d’elles recevables mais ne peuvent faire partie de la même réflexion. Car, soit on s’insurge de cette hypocrisie et du fait que les journalistes ne puissent prendre position, et il serait du coup normal que tous les journalistes puissent le faire pour n’importe quel candidat : « Interdire toute prise de position à un journaliste dans un cadre non-professionnel revient à faire de lui un Français amputé de l’un de ses droits civiques les plus élémentaires » déclare Charles Libman dans sa tribune, soit on s’insurge de la prise de position des journalistes, ce qui veut dire que n’importe quelle prise de position devrait être sanctionnée de la même manière. Mais on ne peut se révolter contre la suspension d’Alain Duhamel et dans le même temps, ce dont Marianne s’est fait la spécialité depuis le début de la campagne électorale, se plaindre d’une propagande pro-Nicolas Sarkozy de la part d’une grande partie des médias.

Il faut choisir son camp, et les deux points de vue se valent mais Marianne ne peut pas vouloir la liberté pour ceux qui soutiennent son candidat et déplorer que l’on soutienne ses adversaires. Sinon on rentre dans de la pure hypocrisie. Il n’y a pas les bons journalistes qu’il faut libérer (voir l’article de Jean-François Kahn sur le site Internet de Marianne, « Libérez Alain Duhamel ! ») et les mauvais journalistes, comploteurs, responsables de la pensée unique et cherchant à vendre aux électeurs un affrontement Sarkozy-Royal, comme Jean-François Kahn, fondateur de l’hebdomadaire, l’a souvent revendiqué. Manichéenne la presse centriste ?

R.C.

* Voir l’article précédemment paru sur ce blog, « Duhamel vote Bayrou »

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