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Archive for août 2007

Nicolas Sarkozy entendait se saisir du dossier. Condoleezza Rice avait effectué le déplacement

A l’heure où le Moyen-Orient s’enfonce toujours un peu plus dans l’impasse, les gouvernements Occidentaux se sont penchés, en juin dernier, sur la question du Darfour. Durant la campagne électorale française, Bernard-Henri Lévy avait ostensiblement souligné la nécessité pour la communauté internationale de se saisir du conflit où les voyants sont rouges. Les crimes commis dans cette partie de l’Afrique ont une connotation de plus en plus génocidaire.

Bernard Kouchner et Condoleezza Rice
Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, et Condoleezza Rice, Secrétaire d’Etat américain au chevet du Darfour

La mobilisation se poursuit au sein des ONG, les États-Unis sont au cœur de cette mobilisation, ainsi l’ONG Save Darfur. Le mouvement a réussi à mobiliser plus de 185 organisations autour de cette thématique. De nombreuses personnalités se sont sensibilisées pour la cause, les meetings et les conférences se multiplient à de nombreux endroits aux États-Unis.

L’affiche de la réunion du 25 juin 2007 à Paris, sur la crise au Darfour, semblait belle : seize nations et six organisations internationales. Pourtant le bilan de cette rencontre conduite sous les auspices du président français n’est pour l’heure pas fructueux. Les acteurs de la conférence se sont accordés sur la nécessité d’une action rapide pour résoudre une crise qui n’en finit plus. L’objectif, affiché par Paris, apparût clair au début de la rencontre qui est d’amener « un consensus international sur les actions à mener au cours des prochaines semaines ».

Le Darfour, nouveau génocide sur le continent africain ?
Le Darfour, nouveau génocide sur le continent africain ?

Les moments de compassion passés, le premier objectif de la réunion à Paris était de ramener la question du Darfour sur le terrain politique comme l’indique le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt avec la « nécessaire unité d’une communauté internationale qui doit faire pression tout autant sur le gouvernement soudanais que sur les rebelles du Darfour ». Cependant, la réunion s’est déroulée avec l’absence notoire du Soudan et de l’Union Africaine (UA).

La situation présente est dramatique, de nombreux réfugiés du Darfour se sont arrivés au Tchad. Ceux-ci décrivent la situation chaotique dans la région soudanaise. Si les diplomates s’affairent dans les grandes conférences, la situation sur le terrain est catastrophiques où les atrocités commises ne cessent de perdurer. Car un point devra être soulevé, une fois le calme retrouvé dans la région : la question du jugement des coupables. La Cour Pénale Internationale s’est déjà saisie du dossier. La mauvaise volonté de coopération des autorités de Khartoum freine les possibilités de la mise en place d’un Tribunal International sur le Darfour. En outre, pour la justice internationale, l’identification des janjawids pourrait demeurer une tâche ardue. Les janjawids, ces « cavaliers de l’apocalypse » qui sèment la terreur à l’est du Soudan, demeurent à l’heure actuelle assez trouble sur leur identité. De nombreux réfugiés soudanais, au Tchad, évoquent des milices arabes bien organisées. Mais d’autres groupuscules agissent ayant la liberté d’action dans ce théâtre chaotique.

Un autre point de blocage s’est dessiné : le rôle de la Chine. Les Chinois qui se sont rendus à la conférence n’entendent pas revoir leur politique bilatérale avec les Soudanais. Sur le plan des échanges économiques, le gouvernement de Khartoum dépend grandement de la Chine. En effet, 71% des exportations soudanaises sont destinées à la République Populaire de Chine. Une large partie est constituée des exportations pétrolières, les compagnies pétrolières se sont vues attribués ces dernières années de nombreuses concessions. En échange, les autorités de Pékin se montrent particulièrement bienveillantes dans la livraison d’armes. Repoussant les limites d’un embargo imposé, les Soudanais et les Chinois ont affrété des avions repeints de blanc estampillés « UN » pour poursuivre le transfert en armement.

L’idée d’un boycott des J.O. de Pékin en 2008 a été émise par de nombreuses personnalités occidentales. Cependant, les intérêts commerciaux et la réalité économique ont mis rapidement en veilleuse cette idée. Or, il semble que pour l’Occident faire pression sur le gouvernement chinois apparaît indispensable pour stopper les actes génocidaires au Darfour. La dépendance créée avec l’économie chinoise a pris au piège les pays occidentaux qui, désormais, n’ont pas les marges de manœuvres nécessaire pour taper du point fort.

Preuve d’une faiblesse occidentale, la Maison Blanche, en plus de la pression internationale, a accepté la mise en place d’une étroite collaboration avec la Cour Pénale Internationale. Les États-Unis qui ont rejeté cette idée quelques années plutôt, ceux-ci ne voulant pas voir leurs citoyens traînés devant une justice internationale encore hybride. Désormais, les États qui se prévalent de défendre les Droits de l’Homme, au même titre que les instances internationales, se doivent d’agir au plus vite pour sauver une région au bord de l’éradication.

F.V.

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