Une conférence de paix virtuelle s’est déroulée cette semaine sur la plateforme du réseau social Facebook. Le processus de paix a-t-il encore un avenir ?
Les faiseurs de paix ne manquent pas d’imagination ; ainsi, le processus de paix israélo-palestinien qui poursuit ses explorations dans les abysses offre de nouvelles ouvertures. Soutenu par l’actrice Sharon Stone ou l’entraîneur du FC Barcelona, Josep Guardiola, Facebook vient d’accueillir un sommet pour la paix entre jeunes Palestiniens et Israéliens.
L’origine de cette nouvelle initiative appartient à un ancien négociateur israélien, Uri Savir. Ce dernier était déjà dans l’ombre des négociations entre Israël et l’OLP entre 1992 et 1993. Un des pères des accords d’Oslo, Uri Savir qui dirige le Peres Center for Peace espère offrir un espoir pour les générations à venir. Un groupe sur Facebook s’est constitué avec plus de 50 000 membres, cette conférence virtuelle doit envoyer un message de pays. Celui-ci est destiné à l’ensemble des leaders de la région. Dans un contexte de plus en plus tendu, cette conférence interactive rassemblant de nombreux jeunes Israéliens, Palestiniens, Irakiens ou encore Saoudiens.
Ces jeunes activistes, militants en faveur d’une paix globale entre Israël et les pays arabes, souhaitent ramener dans le droit chemin des dirigeants qui semblent avoir perdu la boussole du processus de paix. Le groupe Yala Young Leaders entend démontrer qu’un dialogue entre les peoples est possible, notamment dans le contexte des révolutions arabes. Beaucoup espèrent que ces mouvements aboutiront à une compréhension mutuelle entre les peuples de la région. Jusqu’à ce jour, les dirigeants israéliens se sont montrés sceptiques sur l’évolution de ce nouveau Moyen-Orient.
Mais ces frondeurs pour la paix entendent poursuivre leur effort de compréhension et de dialogue en créant des programmes en ligne pour former des futurs leaders. Ces derniers s’engageraient pour le règlement pacifique de la question israélo-palestinienne. Depuis trois ans, le processus de paix est plongé dans un profond coma. Dès son arrivée, Barack Obama a délaissé un processus de paix, où ses prédécesseurs ont tenté en vain d’y mettre un terme. Même si aujourd’hui, Israéliens et Palestiniens ont repris le chemin du dialogue sous le patronage de la Jordanie, aucun horizon ne semble s’éclaircir tant les deux parties semblent éloigner l’une de l’autre.
Le président israélien, Shimon Peres, s’est également associé à cet événement virtuel. Le dernier grand dirigeant depuis la création d’Israël sait que la fenêtre d’opportunité est très mince. Dans le même temps, la Secrétaire d’État, Hillary Clinton souligne l’importance de l’initiative : « Vos voix continueront à être inestimable dans le processus ». Ce soutien démontre le manque de ressources à l’heure actuelle auprès des dirigeants de la région. Même le président palestinien, Mahmoud Abbas, appuie cette initiative. L’espoir, c’est le mot qui revient dans tous les messages adressés à l’attention des participants ; un espoir qui est aujourd’hui difficile à rencontrer.
Cependant, cet espoir est assombri par un tableau plutôt sombre de la conjoncture actuelle. L’arrivée des islamistes au pouvoir en Égypte inquiète particulièrement les Israéliens. Le « Printemps arabe » n’a rien changé fondamentalement, Israël continue d’être pris pour cible, d’être la cause de tous les maux dans la région. Et Facebook n’est pas prêt de voir une amitié entre Khaled Mechaal, chef du politburo du Hamas, et Avigdor Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères.
En revanche, et plus sérieusement, l’initiative promu par Uri Savir, a la capacité de déplacer les lignes au sein des sociétés de la région. Après des négociations dans la plus grande discrétion, il y a 20 ans, en Norvège, Uri Savir contourne une nouvelle fois les lois d’attraction régionales. Pour ce vétéran, le prix de la paix ne se compte pas, celle-ci est inestimable. Cela fait bientôt 65 ans que les peuples n’ont plus connu ni paix, ni stabilité ; une véritable chimère.
F.V.



