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Iran : l’heure de vérité

Après les multiples provocations iraniennes, un dialogue s’amorce : nouvelle réalité ou énième stratagème ?

La 64ème Assemblée Générale de l'ONU a vu la défiance iranienne face à l'Occident

La 64ème Assemblée Générale de l'ONU a vu la défiance iranienne face à l'Occident

Alors que le monde s’est réuni, fin septembre, à New York et à Pittsburgh, l’Iran aura une nouvelle fois marqué de son emprunte ce rassemblement planétaire. La crise politique interne qui secoue le régime islamique ne semble pas avoir entaché la verve qui fait désormais la réputation de Mahmoud Ahmadi-Nejad. Désormais, elle constitue une marque de fabrique.

Alors que son conseiller promettait un discours de paix, le président iranien a renouvelé ses attaques à l’encontre d’Israël. Entre parenthèse, l’ONU a assisté à une joute verbale entre les discours iranien et israélien. Mais la République islamique sait bien que le rendez-vous important n’était pas l’Assemblée Générale de l’ONU mais la réouverture du dossier iranien à Vienne au sein des instances de l’AIEA. Pour les leaders iraniens, le véritable calendrier est celui-là et non pas celui des sommets des leaders mondiaux.

Le 1er octobre, l’Iran a été confronté au groupe 5+1 (les membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) dans une première rencontre à Genève. La rencontre a débouché sur des concessions de part et d’autres. Les Iraniens ont accepté les inspections de l’AIEA du deuxième centre d’enrichissement nucléaire à Qom. Mohamed El-Baradei s’apprête à laisser sa place au Japonais Yukiya Amano. Contesté par les Etats-Unis, le directeur égyptien de l’Agence atomique risque de quitter ses fonctions sans avoir eu la possibilité de résoudre durablement le dossier iranien. Dans cette optique, les Iraniens ont savamment orchestré leur retour en scène. Silencieux depuis les élections, Mahmoud Ahmadi-Nejad a fait un retour fracassant dans les médias. L’affaire Clothilde Reiss a offert une véritable tribune pour le président iranien durant ces dernières semaines. Les relations entre la France et l’Iran se sont profondément détériorées sur le plan diplomatique. Si les diplomates continuent à agir en sous-marin avec le soutien du canal syrien, dans les médias les dirigeants n’ont jamais tenu un langage aussi agressif l’un vers l’autre.

Nicolas Sarkozy apparaît adopter depuis le début une position très dure à l’encontre du régime iranien. Une position qui, par bien des aspects, est très proche des autorités israéliennes. Pour Téhéran, la France est devenue par la force des choses le « petit Satan » que les leaders iraniens s’emploient à stigmatiser.

Les tensions entre l’Occident et l’Iran n’ont cessé de croître à l’approche du sommet du 1er octobre à Vienne. Les Iraniens ont manié avec une certaine habileté le fer et le feu. Un jour, ils ont scandalisé l’Occident, mais le lendemain, ils ont donné des garanties de bonne coopération en se soumettant aux règles internationales. Les premières inspections doivent avoir lieu d’ici la fin du mois d’octobre.

C’est la tactique iranienne depuis six ans, somme toute rationnelle. La diplomatie iranienne est très forte tactiquement. Ses différents stratagèmes du gagne temps face à l’Occident ont jusqu’alors fonctionné au dépend d’une communauté internationale divisée sur la réalité des intentions iraniennes. Ce dernier est point est essentiel pour comprendre l’impuissance de l’Occident face au régime de Téhéran.

Les missiles iraniens menacent Israël et les alliés arabes ds Etats-Unis

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Par ailleurs, l’Iran a indiqué être prêt à accepter la participation d’un Etat tiers dans le processus d’enrichissement. Les Iraniens, en soumettant cette idée auprès des Occidentaux, voient les menaces de nouvelles sanctions s’éloigner encore un peu. Dans ce contexte, Russes et Chinois ne sont pas pressés de retourner au Conseil de Sécurité pour durcir le régime de sanctions à l’encontre de la République islamique. Le pouvoir iranien a joué finement en relâchant la pression occidentale et renvoyant à de futures tractations entre les six.

Aujourd’hui, Barack Obama, primé du Nobel de la paix, qui pourrait lui être encombrant au moment de prendre des décisions concrètes sur le cas iranien, devra peser de tout son poids pour éviter une frappe israélienne. Dans le même ordre, le président américain se doit de rassurer le monde arabe et l’Etat hébreu. Un Iran nucléarisé pourrait provoquer une course folle de l’ensemble de la région dans cette direction. Or, il apparaît indispensable de mettre la pression sur le pouvoir iranien. Si les américains veulent des résultats, il faudra, en cas d’échec des négociations, durcir le régime de sanctions et cibler la caste que forme les Gardiens de la Révolution, le cœur du pouvoir de la République islamique.

Le temps presse, une fois l’année 2010 entamée, le compte-à-rebours d’une frappe aura commencé. Une frappe militaire ne pourra pas détruire le programme nucléaire mais ralentir de façon significative son pan militaire. Les Iraniens reculeront de dix ans, une décennie pour laisser murir des changements politiques profonds dans l’ancienne Perse.

F.V.

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