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Et si Rudolph Giuliani devenait le 44ème président?

Une hypothèse équivoque alors que tout semble prédire la victoire des Démocrates

Alors que le monde et l’Amérique s’enthousiasment pour les candidats démocrates avec Hillary Clinton et Barack Obama, du côté républicain tout porte à croire que Rudolph Giuliani sera le candidat. Une perspective qui ne rassure pas forcément le camp démocrate. Un article au vitriol du magazine Rolling Stone sur le candidat républicain révèle cette crainte.

Le candidat républicain subit une attaque en règle de la part d’un magazine, connu pour ces tendances à gauche sur le plan politique. Ainsi, l’article de Matt Taibbi évoque de sombres affaires du temps qu’il était maire à New York. Ces critiques justifiées sur des faits avérés et peu enclin à mettre un voile sur les affaires financières de l’ancien maire peuvent être interprétées selon différents angles d’analyse. L’un pourrait être, la mise en lumière d’un personnage atypique où le goût de l’argent se mêle aux affaires politiques. Un mélange qui n’est pas sain pour la vie démocratique d’un pays.

D’un autre côté, cet article dévoile les craintes que représente ce candidat pour les Démocrates. Rudolph Giuliani mène ardemment sa campagne pour son investiture au sein du parti Républicain. Ses principaux concurrents directs comme John McCain ou Mitt Romney n’ont à ce jour trouver le remède efficace pour mettre sérieusement en danger la campagne de l’ancien maire de New York. De fait, Rudolph Giuliani caracole en tête des sondages du côté des Républicains pour la course à la Maison-Blanche.

Si Hillary Clinton semble embarquée pour diriger les Démocrates à la reconquête de la présidence américaine, Rudolph Giuliani s’avère son concurrent le plus sérieux. Les instituts de sondages américains révèlent la victoire des Démocrates sur les Républicains. Le bilan désastreux de huit années qui s’annoncent pour le parti Républicain constitue un handicap sérieux pour le futur candidat Républicain. Le futur candidat républicain arrivera-t-il à réaliser l’exploit de George H. Bush c’est-à-dire succéder à huit années d’une même présidence républicaine ?

Rudolph Giuliani
Rudolph Giuliani, l’homme du 11 septembre 2001

Un maire shérif à New York…

Le bilan de Rudolph Giuliani en tant que maire de New York est assez conséquent. Une grande partie de sa politique urbaine fut centré sur la lutte contre la violence et la délinquance qui empoisonnent la ville depuis des décennies. Après un échec électoral en 1989, Rudolph Giuliani est finalement élu maire en 1993 et il le demeurera jusqu’en 2001. Lors de sa campagne électorale en 1993, il développe des thèmes populaires comme l’éducation, la qualité de la vie, la situation de la criminalité dans la ville…

Les résultats sur un plan statistique apparaissent probants. Ainsi, la municipalité dénote que durant ses deux législatures, le taux de criminalité a diminué de 57%. Les meurtres ont également connu une chute spectaculaire avec une diminution de 65%. Durant cinq ans, la ville a été considérée par le F.B.I. comme étant la plus sûre du pays. Par ailleurs, la discipline budgétaire que l’ancien maire a mise en place laisse une ville qui connaît des résultats en bénéfice.

Lors du 11 septembre 2001, Rudolph Giuliani est apparu comme le véritable héros de cette tragédie. Ses opposants reconnaissent les qualités dont il a su disposer durant cette journée. En effet, l’ancien maire de New York a dévoilé ses capacités de meneur d’homme. Cependant, la gestion de l’après-11 septembre laisse perplexe. En effet, la volonté affichée par Rudolph Giuliani de remettre la ville en état s’est caractérisée par le prix d’un sacrifice énorme. Le travail intense exigé par la municipalité ainsi que l’absence de sécurité sanitaire ont provoqué de nombreux décès au sein des équipes de déblaiements. Mais ce scandale n’entache pas sa détermination de concourir au poste de président des Etats-Unis.

Le choix des néoconservateurs

Rudolph Giuliani qui a une ligne plus libérale sur les questions de société comme le mariage homosexuel ou le droit d’avortement tente de tracer une ligne plus dure en matière de politique étrangère. Ainsi, l’équipe de campagne autour de Rudolph Giuliani est composée d’un nombre conséquent de poids lourds de l’administration Bush. L’ancien maire de New York a pris des positions proche de celles néoconservateurs en ce qui concerne la politique étrangère des Etats-Unis.

Lors d’une visite à Londres, durant le mois de septembre 2007, Rudolph Giuliani a exposé ses points de vue sur la politique que doit tenir les Etats-Unis sur la scène mondiale. Ainsi, il prône un élargissement de facto de l’OTAN à d’autres pays au-delà même du continent européen. En outre, il stigmatise un point dont les néoconservateurs ont fait leur cheval de bataille. Par cet élargissement de l’OTAN, il entend une adhésion future d’Israël mais également de l’Australie ou encore du Japon. En définitive, selon cette doctrine, tous les pays respectant les standards de la démocratie auraient vocation à devenir membre d’une organisation qui pour l’heure est limitée à l’espace transatlantique.

La campagne de Rudolph Giuliani se développe autour de deux postures distinctes : la sécurité nationale et le capitalisme libéral. Son bilan en tant que maire de New York et son opportunisme dont il a su jouir au moment du 11 septembre 2001 constituent des atouts solides pour l’investiture dans le camp républicain mais cela ne suffira pas. En définitive, les Républicains auront à choisir entre deux candidats au passé bien distinct et un destin pour les Etats-Unis profondément différent. Avec John McCain, ils sont les deux favoris pour concourir au poste de candidat républicain pour la course à la Maison-Blanche.

Les Républicains devront faire face à des Démocrates désireux de reconquérir le bureau ovale. Cependant, les deux candidats favorise symbolisent deux conceptions cruciales de la guerre contre le terrorisme. John McCain, héros de la guerre du Vietnam, et Rudolph Giuliani, héros du 11 septembre, se présentent devant un électorat républicain déboussolé après six ans de guerre. Le premier souhaite sortir les Etats-Unis du bourbier irakien tandis que le second veut renforcer cette guerre sans fin par de nouvelles opérations. Le choix est décisif, et le peuple républicain pourrait être tenté par cette voie radicale que propose Rudolph Giuliani. Ce dernier apparaît comme le seul à émettre une capacité de nuisance certaine auprès des Démocrates.

F.V.

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