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Argentine : l’heure de la succession

Cristina Fernández de Kirchner mène activement sa campagne afin de succéder à son mari, Nestor Kirchner.

Cristina Kirchner
Cristina Kirchner, nouvelle « Evita Perón », part à la conquête du pouvoir argentin

En Argentine, l’heure des prochaines élections présidentielles approche. Les Argentins s’apprêtent à élire, le 28 octobre prochain, leur nouveau président. Nestor Kirchner a renoncé à solliciter ses électeurs pour une nouvelle législature. Le président sortant a intronisé sa femme comme candidate à sa succession.

Cette curiosité politique a animé les débats au sein de la société argentine mais, également, dans toute l’Amérique latine. Le couple Kirchner a été rapidement affublé du titre des « Clinton de l’Amérique latine ». Un parallèle qui s’arrête aux affaires de corruption qui empoisonne le couple Kirchner. Paradoxalement, ces scandales n’altèrent pas leur popularité. Les électeurs argentins sont, pour l’heure, satisfaits des résultats économiques de l’actuelle administration. En effet, la présidence de Nestor Kirchner statue le redressement socio-économique du pays après la faillite financière de 2001.

Les résultats bruts depuis 2003 parlent pour le gouvernement Kirchner avec un accroissement annuel de 8% en moyenne de son P.I.B. Comme le souligne Joaquin Morales Sola, éditorialiste de La Nación, principal quotidien argentin, révèle que « l’économie reste le thème principal » auprès de la population. En effet, si la conjoncture est positive, la croissance et les profits créés sont au bénéfice de la population argentine. La corruption, qui n’est pas un fait nouveau, est reléguée au second plan. Elle a peu d’impact direct sur le résultat électoral final. La situation économique est un atout de choix pour l’avocate de 53 ans qui s’est lancée officiellement au mois de juillet, à La Plata, dans la course à la présidence.

Les derniers sondages donnent Cristina Kirchner largement victorieuse. Ainsi, selon un sondage, effectué fin août 2007 par le Centre d’étude de l’opinion publique et l’Institut Hugo Haime y Asociados, elle obtiendrait 49% des suffrages dès le premier tour. La Constitution argentine permet d’offrir la victoire dès le premier tour lorsque la barre des suffrages atteint 45%. La loi électorale autorise, en outre, une victoire dès le premier tour si le ou la candidate obtient 40% des suffrages avec un écart minimal de dix points avec son dauphin. Á l’heure actuelle, les deux adversaires directs de madame Kirchner sont : l’ancien ministre de l’Économie, Roberto Lavagna ; et l’ancienne parlementaire, Elisa Carrio. Ces deux candidats, les plus menaçants, sont à respectivement 9 et 12%. Des sondages qui apparaissent bien pâles pour menacer sérieusement Cristina Kirchner à la course présidentielle.

Alors que sa victoire semble inéluctable, il reste à savoir l’ampleur de son score au premier tour. Une élection dès le premier tour installerait confortablement le couple Kirchner à la Casa Rosada, palais de la présidence. Ce scénario en perspective doit mettre en lumière la stratégie du couple. Le « pingouin », surnom de Nestor Kirchner (N.B. : il est originaire de Patagonie), ambitionne de se représenter dans quatre années, en 2011. Cette alternance politique, inédite au monde, est justifiée par son auteur par un besoin de dynamisme politique. L’objectif est d’éviter la lassitude des électeurs en menant des législatures alternées.

La personnalité de Cristina Kirchner facilite la tâche de son mari dans cette stratégie politique. Rapidement, de nombreux médias l’ont décrite comme la nouvelle Evita Perón de la scène politique argentine. Même si son charisme, son goût pour le glamour et son instinct politique ont de réelle similitude avec cette icône nationale, la comparaison s’arrête là. Sa vie politique est insidieusement liée à sa vie personnelle avec Nestor Kirchner. Ils ont fréquenté dans leur jeunesse le même parti politique qu’ils mènent aujourd’hui, le Partido Justicialista , fondé en 1945 par le général Perón.

Sur le plan international, son aura est déjà présente. Elle a acquis une popularité et un soutien à l’échelle internationale. L’officialisation de son investiture a accéléré sa campagne électorale et agrandi sa dimension internationale. Celle-ci a été reçue comme futur chef d’État par le roi d’Espagne, Juan Carlos, dans la demeure estivale de la famille royale à Marivent (Palmas de Mallorca). Le roi a tenu un discours élogieux sur le bilan présidentiel de son mari de la candidate. Celle-ci profite de ces éloges pour accroître son crédit en tant que future présidente.

Si la victoire électorale semble acquise pour Cristina Kirchner, il n’en reste pas moins que les défis à relever sont immenses. Même si le redressement économique du pays est spectaculaire, les inégalités sociales en Argentine demeurent criantes. Malgré la diminution significative du chômage, le retour d’une croissance forte et la restructuration en grande partie de la dette externe, l’Argentine souffre toujours des conséquences de la crise de 2001. Par ailleurs, Nestor Kirchner n’a pas réglé les problèmes structurels existants au sein de la société argentine. Ainsi, parmi les nombreux problèmes à régler, la question énergétique est au cœur de l’agenda politique de la prochaine législature. Le pouvoir argentin doit consentir à des efforts d’investissements dans le secteur énergétique, qui font, à l’heure actuelle, cruellement défauts.

F.V.

2 Responses to “Argentine : l’heure de la succession”

  1. Votre article parle beaucoup de la soi-disant corruption du gouvernement de Kirchner, mais tous les fontionnaires du gouvernement soupçonnés par la justice ont été immédiatement relevés de leurs fonctions. Le climat de soupçon permanent pesant sur la poplitique est l’oeuvre des médias de droite comme La Nacion, qui n’ont pas encore digéré que la gauche ait pris le pouvoir et imposé une politique de développement néokeynésienne et d’intégration latinoaméricaine au détriment des Etats-Unis et du pouvoir économique de la Société Rurale.

  2. La question de la corruption n’est pas uniquement la caractéristique du couple Kirchner, Carlos Menem étant le symbole. Cependant, même si ce sujet n’est pas au coeur de mon développement, il serait naïf de laisser de côté ses affaires qui entâchent le couple. Après concernant le positionnement politique cela n’est pas de mon ressort. Ce que je souhaite avant tout dans cet article, c’est de faire ressortir les attentes de la population et mettre en avant les points faibles du pays.

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