Après le départ fictif, aujourd’hui c’est le kilomètre 0 du tour de Sarkoland
Le Secrétaire général de l’Elysée a annoncé aujourd’hui une équipe remaniée de son gouvernement. Mais ne passons pas en revue tous les remplacements et nouveaux postes car l’ensemble des médias en font suffisamment l’écho. L’intérêt de cet article se tournera autour des quatre personnes qui ont animé les débats ce mardi.
Commencer par le Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables est incontournable. Cela faisait déjà quelques temps que l’on nous annonçait M. Borloo à ce super ministère et cela s’est vérifié. Les médias se focalisent sur la punition/promotion de cet homme et parfois à sa justification. Et c’est bien de cela qu’il s’agit réellement. Moi le premier, à la démission de M. Juppé pour qui j’avais émis des doutes lors de sa nomination, je voyais très mal qui pouvait prendre ce poste hormis peut-être Michel Barnier. La nouvelle nomination étant faite il faut maintenant nous rassurer et je dois dire que la tâche n’a pas été si difficile. Nous avons pu entendre dans les médias que Jean-Louis Borloo avait fondé Génération Ecologie en 1991 mais ce qui est encore plus intéressant c’est qu’il l’ait fait avec des gens comme Brice Lalonde et Noël Mamère. Cet élan écologiste n’est heureusement pas la seule chose car il est entouré de Nathalie Kosciusko-Morizet, personne moins connue mais qui semble plus en adéquation avec les considérations de ce ministère. En effet, elle a choisi la biologie comme spécialité et est ingénieur de l’École Nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF). Mme Kosciusko-Morizet a également été le rapporteur de la Charte de l’environnement et de la mission d’information sur l’effet de serre entre autres.
Le deuxième ministère faisant la une est celui de l’Economie, des Finances et de l’Emploi avec la nomination de Christine Lagarde, anciennement à l’agriculture. Au-delà des premières historiques concernant l’attribution d’un tel ministère à une femme, la question se porte sur la succession de ministères de Mme Lagarde. Depuis maintenant de nombreuses années, des lobbies font pression pour qu’un Ministère de l’Agriculture persiste, considérant que cette activité ne peut être gérée comme une activité économique comme les autres. Avec ce passage de l’un à l’autre, on peut peut-être y voir là une tendance subtile d’un changement d’utilisation du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Un autre point qui pourrait faire penser à cela réside dans la nomination de Michel Barnier. Souvent pressenti à l’Environnement, il se retrouve dans un ministère qui mêle son domaine de prédilection et l’économie. De plus, avec les questions européennes sur l’agriculture biologique et les tendances grandement amorcées de la Politique Agricole Commune, ce ministère pourrait se diriger progressivement vers le Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. C’est donc la question de l’utilité de certains ministères qui revient alors même que le Président de la République avait décidé d’un gouvernement restreint.
O.N.
Archivé sous: Législatives 2007, Politique


