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Archives de mai 2007

A gauche, on cherche des boucs émissaires après une nouvelle défaite électorale

Au Parti socialiste, l’heure est au bilan. Deuxième élection présidentielle perdue en cinq ans et une majorité sortante de droite en passe d’être reconduite, ce qui n’était pas arrivé depuis trente ans. Lourd, le bilan. Entendu sur France Culture, dans l’émission l’Esprit public (écouter l’émission), le philosophe Yves Michaud, engagé durant la campagne en faveur de Ségolène Royal, donnait sa version des faits. Parmi les raisons avancées, l’une d’elle était : « La présence invraisemblable de Chevènement qui leur aura fait perdre sa deuxième élection présidentielle a la gauche. » Ni plus ni moins.

En 2002, Jean-Pierre Chevènement avait certes grappillé les quelques points qui avaient manqués à Lionel Jospin pour passer le premier tour mais en 2007, on peut guère dire qu’il n’ait pas joué le jeu. Retirant d’abord sa candidature pour soutenir celle de Ségolène Royal, il fut ensuite l’un des seuls éléphants de gauche à se dévouer totalement à la campagne de la candidate socialiste, mettant de côté certaines de ses convictions, notamment sur l’Europe. Cette attitude fut exemplaire là où des Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, voire même François Hollande, n’ont cessé de n’approuver que du bout des lèvres les propositions du Pacte présidentiel, usant abondamment de sous-entendus et de langue de bois et jetant ainsi le discrédit sur un programme qu’ils étaient pourtant censés défendre.

Comme en 2002, socialistes et sympathisants ont bien du mal à rechercher et à accepter les erreurs commises par leur propre camp et comme en 2002, il a l’air plus facile d’aller trouver des boucs émissaires à l’extérieur du parti. Jean-Pierre Chevènement en est devenu l’égérie.

R.C.

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L’Environnement et un début d’année des plus médiatiques

Jour de grande attente en France, l’information est tombée, c’est donc Alain Juppé le successeur de Nelly Olin au nouveau Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. On peut dire que c’est une surprise, du moins s’il l’on se replace au dimanche de l’élection de Nicolas Sarkozy. Que l’on comprenne qu’Alain Juppé dispose d’un ministère pour éviter de monter une coalition contre le président fraichement élu, pourquoi pas, mais de là à lui proposer ce Ministère d’Etat. Après tout, son escapade au Canada durant 2 ans en tant que professeur invité à l’Ecole nationale d’administration publique du Québec lui a peut-être appris à gérer la question. On aurait cependant plus vu un Michel Barnier comme hérité de Robert Poujade (premier Ministre de l’Environnement en 1971).

Evolution de la température relative au cours du temps

Au-delà de ce point de départ d’une nouvelle et forte politique pour la protection de l’Environnement c’est toute la sphère médiatique qui a porté les dernières informations. En France, après le célèbre pacte écologique et sa signature par la majorité des candidats en fin d’année dernière, c’est au tour de Claude Allègre, professeur émérite à l’Institut universitaire de France, à l’université Denis-Diderot et à l’Institut de physique du globe de Paris, d’y aller de son ouvrage avec « Ma vérité sur la planète » aux éditions Plon. Il ne faut pas, bien sûr, omettre la grosse information de ce début d’année, le rapport de 1500 pages du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC).

Avec tout ça, il est temps de voir ce qui est bon à prendre dans toutes ces informations, et, croyez moi, ce n’est pas une mince affaire. La tendance générale et quasi unanime dans les médias, vous vous en seriez doutés, est au catastrophisme. Un écho fort dans l’opinion publique est présent mais on ne peut en vouloir aux gens lorsqu’ils voient les saisons changées. Afin de ne pas rester sur cet a priori, consacrons-nous à l’antithèse défendue par Claude Allègre. Antithèse, je dois dire que je suis plutôt gentil car si on sait que ce géochimiste remet en cause le réchauffement climatique au sens large, on ne peut tout de même pas dire qu’il expose, lui non plus, des arguments irréfutables. Pour illustrer cela, je ne prendrai que l’argument de « l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence » délicatement exposé par Benjamin dans son article « La vérité de Claude Allègre sur la planète » lorsqu’il parle des données manquant de fiabilité de certaines sources. Selon Claude Allègre, la base de données sur la température des régions comme les Etats-Unis ou l’Australie ne sont pas suffisamment fiables lorsque l’on remonte au-delà des années 80 voire 70. Argument qui aura du mal a être réfuté par quelques climatologues ou météorologues, on ne peut toutefois pas en conclure tout de suite à l’absence de réchauffement. Dans un deuxième point et c’est sûrement là que ce livre mérite au moins d’être lu dans son intégralité, c’est qu’il faut arrêter de penser que des mesures environnementales sont antinomiques d’une croissance économique. Je crois que c’est sur ce point qu’il faut méditer et non sur la prise de bec entre écolo et anti-écolo. Claude Allègre prône la mise en place des technologies connues mais qui mettent du temps à se développer à grande échelle (pile à hydrogène, énergie solaire, …etc.). Il s’écarte ici des contre-arguments purement scientifiques et c’est d’ailleurs sur ce point que beaucoup de gens, qui ne sont pas d’accord avec lui, l’attaquent. Mais que le réchauffement climatique soit dû en partie ou entièrement à la société de consommation, cela ne nous engage qu’à prévenir en mettant en place des projets de R&D conséquents.

Evolution de la température relative au cours du temps (suite)

De son côté, le GIEC a rendu son gargantuesque rapport au cours de trois réunions correspondant aux trois groupes de travail. La première concernait la partie sur les bases scientifiques et notamment physiques et s’est déroulée à Paris. La conclusion fût d’annoncer une hausse voisine de 0,7°C depuis le début du XXe siècle avec une nette accélération depuis 1976, atteignant 0,18°C par décennie. Cependant au vu des courbes historiques, cette augmentation n’est pas si exceptionnelle que cela, rappelons-nous simplement le Petit Age Glaciaire de 1550 à 1850. La deuxième réunion organisée à Genève expose les impacts et cette notion que seuls les anglo-saxons savent correctement définir, la vulnérabilité. A la fois historique, scientifique et sociologique, cette partie du rapport ne peut se comprendre qu’en comprenant ce que sont les logiques sociétales mondiales. Notons par ailleurs que cette partie n’a pas été des plus médiatisées contrairement à sa précédente. Dernière destination, Bangkok et les mesures d’atténuation. A l’image de ce qu’un bureau d’études pourrait envisager pour protéger l’environnement face à une industrie polluante, les experts se sont « amuser » à prescrire.

Si le réchauffement climatique au sens strict du terme (augmentation de la température global) est aujourd’hui une chose avérée, il nous faut toutefois faire attention à ne pas dramatiser de manière trop hâtive la situation. Car si d’irréductibles professeurs prônent de manière folle la contestation du grand impact humain dans l’accélération de ce phénomène, le doute est porté sur la crédibilité du GIEC qui ne veut pas publier des sources utilisées pour réaliser leur fameux rapport. Vous allez peut-être me dire que vous ne savez plus qui croire et qu’est ce qui se passe. Je ne vous dirai qu’une chose, ne croyez pas que les graphiques si chers aux scientifiques ne vous sont pas accessibles.

O.N.

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Persiste et signe

François Hollande souhaite la création d’un grand parti de gauche

Dimanche dernier, invité de l’émission politique de France 3, France Europe Express, François Hollande exprimait son souhait de voir la création, après les législatives, d’un grand parti « qui va de la gauche, sans aller jusqu’à l’extrême gauche, jusqu’au centre-gauche ou au centre ». Après avoir été à la tête du Parti socialiste pendant 10 ans et lors de ses deux grands échecs historiques, en 2002 et 2007, François Hollande présente son projet de rénovation et ne s’avoue pas vaincu. Drôle de posture pour un responsable politique qui met la morale au-dessus de tout. La logique serait de s’effacer, puisque la stratégie qu’il a menée a échoué, plutôt que de s’accrocher désespérément aux rennes du parti après deux échecs cuisants et alors que d’autres ont plus de légitimité. On pense bien entendu à Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn.

Revenons en arrière. C’est le séisme du 21 avril 2002 et la présence de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la Présidentielle qui fissura la maison socialiste. François Hollande, voulant la sauver, laissa au contraire les murs se lézarder. Unité de façade, ambitions personnelles réprimées, refus de tout débat idéologique, synthèse, les 5 années d’opposition ont été un long combat du Premier secrétaire pour conserver le Parti socialiste en l’état, conserver son unité avant tout, peu importe les désaccord et les incompatibilités. 35 ans d’histoire le regardent.

Le référendum avait pourtant révélé au grand jour des contradictions idéologiques inconciliables : la gauche tendance gauche de la gauche anti-libérale de Laurent Fabius et la social-démocratie, ouverte aux lois du marché et à la mondialisation, de Dominique Strauss-Kahn. Il aurait fallu choisir, soit mettre au banc Laurent Fabius et ses partisans, minoritaires dans le parti, soit, si ceux-ci ne l’acceptaient pas, les laisser faire scission et partir. Au lieu de ça, le Congrès du Mans en 2005 a accouché de la « synthèse », véritable fouillis idéologique, par peur de la scission. Démolir pour tout reconstruire, peu en sont capables.

Comble de l’obstination, le programme du PS pour la Présidentielle a été adopté alors que le candidat du parti à cette élection n’avait même pas encore été désigné. But secret, ne donner à aucun éléphant l’impression qu’il était le vainqueur et allait prendre la place du Premier secrétaire à la tête du parti. Résultat, Ségolène Royal candidate désignée, dut faire perpétuellement le grand écart entre ses propres convictions, dont on a bien vu lors de la primaire qu’elles étaient porteuses, et un programme auquel elle ne croyait pas. Unité conservée mais électeurs envolés. La perversité de cette équation eu son apogée lorsqu’en février François Bayrou arriva au niveau de la candidate socialiste dans les sondages. L’électorat de centre-gauche avait fui. La Présidente de Poitou-Charentes exprima après coup, son désir de reprendre sa liberté mais c’était trop tard, il ne restait que 3 mois de campagne contre une stratégie qui durait depuis 5 ans.

Refonder un grand parti de gauche sur le même modèle ? Ambition hasardeuse et vouée à l’échec, comme en 2002 et 2007. Du communisme au centre, il y a un fossé, un ravin, voire un antagonisme irréconciliable. François Hollande qui a réalisé avec succès la synthèse au Parti socialiste, se voit peut-être en maître de cérémonie de ce grand parti et il en aurait la capacité. Sauf qu’un électorat s’identifie à des idées, non pas un fourre-tout idéologique dont le seul rôle est d’être une machine de guerre contre le camp adverse, sur le principe l’union fait la force. Ou alors, comme à l’UMP, il faut qu’une partie des responsables et des militants range leurs convictions au profit de celles du leader. A gauche, on n’a pas cette culture et François Hollande, plutôt que de se remettre en question, essaie de perpétuer une même stratégie qui entraînera les mêmes défaites.

R.C.

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Le Dessous des cartes présente une histoire condensée du 3e Millénaire

Résumer en 10 minutes un millénaire d’histoire, qui plus est du millénaire à venir, le 3e, c’était en l’An 2000, Jean-Christophe Victor dans son émission géopolitique d’arte, Le Dessous des cartes, livrait de manière ludique mais en s’appuyant sur un très sérieux et confidentiel rapport de l’ONU, Prospective studies of the year 3000, une « synthèse de divers hypothèses scientifiques » sur le développement géopolitique et culturel de la planète au cours des 1000 prochaines années.

Outre le plaisir du fan de science-fiction (les futurs habitants de Mars sont des êtres numérotés au front protubérant), il est intéressant de revoir aujourd’hui ce programme car son hypothèse d’évolution se base tout d’abord sur le changement climatique : montée des eaux, réfugiés climatiques par millions, zones tempérées au-delà des cercles polaires, etc. On ne parlait pas beaucoup d’écologie à l’époque de diffusion de l’émission, en l’An 2000, et l’éventualité de tels phénomènes aurait laissé indifférent, provoqué quelques sourires tout au plus.

A l’heure qu’il est, le débat écologique a envahi la sphère publique et politique, un Ministre d’état en charge de l’environnement est même en passe d’être nommé, et l’éventualité de catastrophes écologiques ne fait plus rire. Au contraire, le changement climatique interroge, inquiète et alarme l’opinion et il est bon de pouvoir connaître les risques que nous encourons et que nous faisons encourir à nos enfants en les impliquant de la sorte dans une hypothèse d’évolution globale et à long terme de la planète.

R.C.

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Depuis dimanche, les manifestations anti-Sarkozy se sont succédées dans plusieurs grandes villes de France

Outre le mini scandale qu’ont provoqué les vacances de Nicolas Sarkozy sur un yacht au large de Malte, on retiendra de cette première semaine d’après élection des événements bien plus graves. Depuis dimanche soir, les manifestations violentes, les mises à sac de permanences de l’UMP, les voitures incendiées et les tentatives de fermeture d’universités, se sont succédées, de manière marginale certes mais avec une violence démesurée, dans de nombreuses grandes villes de France. Résultat ambiguë d’une élection dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle fut l’une des plus démocratiques de toute l’Histoire de la Vème République tant le taux de participation fut élevé (85% en moyenne sur les deux tours, un record) et tant la campagne qui la précéda suscita espoir et intérêt chez le citoyen. Le débat droite-gauche eut bien lieu contrairement à 2002, et la large victoire de Nicolas Sarkozy (53% contre 47 pour la candidate socialiste) a rendu son élection indiscutable. Pas pour tout le monde apparemment, l’élection de ce candidat à la personnalité et aux paroles controversées ont provoqué la colère de certains militants, mais est-ce la bonne manière de l’exprimer ?

Dégradations lors de manifestations anti-Sarkozy
Dégradations lors de manifestations anti-Sarkozy

L’élection est l’un des moments les plus démocratiques de la vie de la Nation, tout le monde étant appelé à s’exprimer. Contester ses résultats alors que le scrutin s’est déroulé de manière régulière apparaît donc bien hasardeux, surtout étant donné la nature des critiques dont souffre le candidat Sarkozy. Aucune atteinte aux lois de la République et à la démocratie n’est à mettre à son actif et les critiques ne concernent que des aspects spécifiques de sa politique : la politique sécuritaire (à laquelle on assimile souvent les mots malheureux de « racaille » et de « Kärcher »), les réformes libérales et le discours sur l’immigration (dans lequel certains observateurs voient un rapprochement avec les thèses frontistes). Ces aspects sont bien évidemment discutables mais ne justifient en rien les débordements de violence et de vandalisme dont plusieurs villes ont été le théâtre.

La France souffre en réalité, plus que d’un danger Nicolas Sarkozy, d’une culture de contestation, violente parfois, très ancrée dans les milieux de gauche et d’extrême gauche. La France a construit son identité sur des révolutions et des révoltes et il reste de ces événements un héritage inamovible dans notre culture politique qui est que les grandes avancées se sont réalisées grâce à ces moments de révoltes au cours desquels on a dû mettre de côté les lois et l’Etat. L’instauration de la République après la Révolution de 1789, la Résistance pendant l’occupation, la libération des mœurs au lendemain de Mai 68, sont, entre autres, de ces événements qui ont façonné l’Histoire de France et dont tout le monde reconnaît les progrès qu’ils ont constitués. Cependant, l’effet pervers de tout ça est que certains se servent de cet héritage pour justifier n’importe quel mouvement violent de contestation, fut-il disproportionné par rapport à l’objet qu’il conteste et se substituant à des méthodes plus démocratiques. Les manifestations anti-Sarkozy sont à classer dans cette catégorie, tout comme les manifestations contre le CPE de février et mars 2006 qui outrepassèrent largement la « raison démocratique » alors qu’un dialogue préalable aurait été au moins nécessaire.

Ces manifestations violentes anti-Sarkozy sont bel et bien injustifiables et notre culture contestataire ne saurait excuser toutes les voitures brûlées, les affrontements avec la police et le vandalisme de la semaine écoulée alors que Nicolas Sarkozy n’a même pas encore été désigné officiellement président et qu’aucune réforme n’a été engagée ni même discutée. A Lyon, des peines de prison ferme ont été prononcées contre des casseurs jeudi et vendredi. On se plaint de procès pour l’exemple, d’un Etat policier mais s’est-on vraiment posé la question de ce qu’impliquent ces actes de violence ? La remise en cause d’un processus démocratique. « Sarko, fascho, le peuple aura ta peau » pouvait-on entendre dans ces manifestations violentes. C’est à se demander de quel côté ils se trouvent, les faschos.

R.C.

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Après cet entre-deux-tours et l’élection de Nicolas Sarkozy, des conclusions s’imposent

Tout a commencé avec un sondage le 23 avril 2007, Nicolas Sarkozy possédait alors, selon Ipsos, 54% des voix contre 46% pour Ségolène Royal. Il faut bien entendu prendre ces chiffres avec des pincettes car la Sofres annonçait des chiffres bien moins éloignés. Les sondages sont, à l’heure actuelle, le meilleur moyen d’avoir une idée des logiques sociologiques des électeurs, c’est pour cette raison qu’ils seront l’outil essentiel de ce bilan.

Si nous devions résumer ces deux semaines, l’animation a tourné autour de trois évènements. Le premier, et le plus important semble-t-il, est le feuilleton Ségolène et François qui finit en apothéose avec un débat que peu de gens ont pu suivre. Ce qu’il en ressort cependant est l’impact qu’a pu avoir cette petite histoire. En effet, Ségolène Royal a grignoté petit à petit des intentions de votes arrivant à 47,5% le 29 avril dernier, toujours selon Ipsos. Si, comme nous le savons, cela n’a eu que peu d’incidence sur le résultat final, cet écart de Ségolène Royal, qui pouvait se justifier pour attirer des voix, revient comme un boomerang à l’intérieur du Parti Socialiste qui est aujourd’hui à la limite de la scission.

Le deuxième évènement qui aurait pu faire basculer les futurs électeurs d’un côté ou de l’autre est le discours de Jean-Marie Le Pen, le 1er mai, appelant à ne voter ni pour l’un ni pour l’autre sur un ton beaucoup plus affirmatif que lors des présidentielles précédentes. Certes cet évènement semble moins important mais pour que Ségolène Royal ait eu des chances d’être élue, une forte abstention (abstention pure ou vote blanc) de ce côté-ci était requise. Résultats, Nicolas Sarkozy inverse la tendance et accroit de nouveau son avance dès le 30 avril et le discours de Jean-Marie Le Pen n’a pas eu l’effet escompté pour Ségolène Royal. Elle se présente au débat du mercredi avec un pourcentage de 46,5%. A ce moment de la campagne et ce malgré les 3 points de marge d’erreurs annoncés par Ipsos, Ségolène Royal n’a aucune chance d’être élue. Le débat du 2 mai est donc devenu un point capital de la campagne pour que la candidate socialiste soit encore dans la course.

Ce troisième et dernier évènement de cet entre-deux-tours n’a manifestement pas permis à Ségolène Royal de grappiller les intentions de votes nécessaires. En effet, les résultats des sondages postdébat sont même à l’inverse de ce qu’elle pouvait espérer puisque Ipsos dévoile un pourcentage de 46% le vendredi matin et de 45% à 23h, niveau le plus bas de ces deux semaines et même de toute sa campagne.

Afin de mieux comprendre ce choix pour Nicolas Sarkozy, il faut se pencher sur les chiffres des reports de voix du premier tour. Souvent annoncés comme faisant la pluie et le beau temps, les reports des bayrouistes ont permis à Ségolène Royal de réduire l’écart avant son débat avec le leader de l’UDF mais la tendance n’a duré qu’un temps, laissant place à l’abstentionnisme puis à une légère remontée de Nicolas Sarkozy. Les derniers jours ont été à la faveur des deux candidats avec 36% pour Nicolas Sarkozy et 35% pour Ségolène Royal. Mais alors qu’ont-ils décidé de faire ? La réponse est simple, ils ont continué sur leur lancée et ont choisi Nicolas Sarkozy à 40% et Ségolène Royale à 38%. Doit-on en conclure que ce centre, au score énorme de 18,6%, fut décisif ? Et bien non ! Après nous avoir abreuvés de phrases de M. Bayrou, c’est finalement un résultat que certains journalistes politiques avaient annoncé dès le soir du premier tour mettant en avant l’histoire de centre droit et la nouvelle tendance social démocrate de l’UDF, futur Mouvement Démocrate.

Pour ce qui est des reports de voix des électeurs de Jean-Marie Le Pen, la tendance générale était une décroissance impressionnante du report sur Nicolas Sarkozy avec une perte de 24 points par rapport au 23 avril. Ségolène Royal a réussi un moment, sûrement en se montrant ouverte vers François Bayrou, à récupérer jusqu’à 20% mais comme le lepéniste est de nature plutôt fidèle les chiffres ne sont finalement que de 12%, faisant une part intéressante à l’abstention. Pour la sans doute dernière campagne de Jean-Marie Le Pen, on ne peut pas dire que cela soit une réussite pour le Front National. Au-delà des tensions qui peuvent exister sur la succession éventuelle de Marine Le Pen c’est même tout l’élan de ce parti qui pourrait se voir réduit à néant avec les derniers combats de son leader.

Enfin, viennent les partis de gauche non socialistes car si Nicolas Sarkozy a gagné des électeurs chez François Bayrou, il en a perdu chez Jean-Marie Le Pen. Mais alors qu’à fait la gauche de la gauche ? La réponse est bizarre en fin de semaine. Quand la candidate socialiste voyageait irrégulièrement entre les 76 et 58%, Nicolas Sarkozy, lui, se maintenait à 8%. Chose exceptionnelle après le débat du 2 mai, le futur président élu va atteindre 21%. La question est donc posé de ce qui a pu se passer dans ces têtes là mais un peu à l’image citée plus haut des lepénistes, le résultat final aura été relativement conventionnel.

La conclusion que nous pouvons tirer de cette réflexion sur les chiffres est que la réactivité des gens aux évènements est relativement rapide mais au fond, le résultat reste sensiblement inchangé au regard du sondage du 27 janvier 2007 annonçant la victoire de Nicolas Sarkozy à hauteur de 54%. Je finirai en vous invitant, à gauche, à droite comme au centre, à vous déplacer, une fois de plus, pour les prochaines législatives. Car si l’actualité palpitante des tensions diverses des partis peuvent intéresser, nul doute qu’ils réussiront à dépasser cela et à vous vendre, chacun, leur candidat dans votre circonscription.

O.N.

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Un doute subsiste sur le vote de deux responsables politiques majeurs

Frans-Olivier Giesbert avait révélé dans l’une de ses chroniques sur RTL que la montée de François Bayrou dans les sondages en février dernier avait provoqué une petite vague de satisfaction à l’Elysée. La haine du clan Chirac pour Nicolas Sarkozy a en effet maintes fois été rapportée dans les médias, prenant même forme lorsque Jean-Louis Debré apparaissait dans les médias lors des primaires de l’UMP dans son rôle de porte-flingue anti-Sarkozy de la présidence. Jacques Chirac avait apporté publiquement son soutien à Nicolas Sarkozy au cours d’une allocution télévisée en mars dernier, qu’a-t-il fait dans le secret de l’isoloir ? Il a en tout cas pris deux bulletins de vote devant les caméras cette après-midi en allant voté : message subliminale ou respect de la règle démocratique ?

François Bayrou a, quant à lui, été bien plus explicit que l’actuel Président de la République concernant son vote, sans pour autant dire pour qui il voterait. Il a seulement annoncé pour qui il ne voterait pas : Nicolas Sarkozy. Un responsable politique peut-il voter blanc ? Peu probable, le vote blanc est un vote contestataire exprimant un rejet de la classe politique. Un homme politique ne peut raisonnablement prendre cette posture. François Bayrou a donc, selon toutes vraisemblances, voté Ségolène Royal et c’est ce qu’il a voulu laissé entendre en disant qu’il ne voterait pas Nicolas Sarkozy. La création de son nouveau parti, le Mouvement démocrate, et la volonté d’indépendance vis-à-vis de la gauche et de la droite qu’il revendique, a sans doute incité le leader centriste a gardé sa langue.

R.C.

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Plus que quelques heures avant que ne se déssine sur les écran de télé le visage de notre nouveau Président

Dernière ligne droite : Dans deux petites heures la France se retrouvera face à face avec le président qu’elle a choisi. 6 mois de campagne pour se faire une idée, bien assez, une participation à un niveau auquel elle n’a jamais été dans toute l’histoire de la Vème République pour un deuxième tour (près de 75% à 17h), un débat droite-gauche, projet de société contre projet de société que beaucoup espéraient. Les résultats de ce soir seront indiscutables et peu importe le vainqueur, ceux qui n’ont pas voté pour lui ne pourront prétendre s’être fait volé l’élection, comme en 2002.

Face à cette vague démocratique, certains sont pourtant fébriles. A Paris, dans le XIIIe et le XVe arrondissement, on a saboté des bureaux de vote en enduisant les serrures de colle, retardant ainsi leur ouverture. Dans un autre, tous les bulletins Nicolas Sarkozy ont été volés et là aussi l’ouverture du bureau de vote a dû être retardé. Des voitures ont égelement brûlé dans Paris. Espérons que cette journée historique ne sera pas l’occasion de débordements.

A l’heure qu’il est, la RTBF par le biais de son site Internet, et des sites d’informations de pays limitrophes donnent déjà des premières estimations, rendant la loi française sur l’annonce des résultats après seulement 20h, et son but démocratique complètement inefficaces. Plus de 50% des foyers français sont aujourd’hui connectés à Internet et ont donc potentiellement accès à ces chiffres et dans 5 ans ce taux de foyers connectés aura largement augmenté. Il faudra repensé ces règles à la lumière de ce qui s’est passé au cours de cette élection.

Dans deux petites heures le résultats, déterminent pour la France selon de nombreux observateurs. Cependant, ne laissons pas les législatives de côté, même si la Présidentielle va créer une dynamique pour les prochaines élections, il y aura une nouvelle campagne où les projets plus que les personnes tiendront le devant de la scène. La répartition des sièges et l’obligation d’éventuelles alliances pour constituer une majorité modèlera largement le programme du candidat élu. Plus que le Président, ce seront les ministres, dont les nominations se feront d’après la couleur de l’Assemblée, qui mettront en place la politique. Ce soir, nous élisons le cerveau et en juin nous élirons les mains. Tout n’est pas joué.

R.C.

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Le Monde est à nous réaffirme son opposition à la diffusion de premières estimations avant 20h

Pas de résultats avant 20h !

Après s’être associé à l’appel lancé par Versac aux blogueurs à la veille du premier tour (Pas de résultats avant 20h !), Le Monde est à nous réitère pour le deuxième tour son refus d’outre-passer les règles régissant cette élection, quoi qu’on pense d’elles par ailleurs.

Respectons ces règles aujourd’hui mais discutons-en demain. Dans une société où les médias se multiplient et où Internet s’affirme comme étant en passe de devenir dans les prochaines années l’un des premiers vecteurs d’information, les règles du temps de parole (s’applicant uniquement à la radio et à la télévision) et de non-communication des premières estimations avant 20h sont-elles toujours tenables et allant dans le sens de la démocracie ?

L’après-élection sera l’occasion d’ouvrir à chaud ce débat fondamental pour l’avenir des médias et « Arrêt sur images », l’émission de décryptage des médias sur France 5, dans son émission du 29 avril a d’ores et déjà donné des premières pistes de réflexion à ce sujet .

La Rédaction

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Spiderman 3 : un budget record pour une réussite annoncée

Spiderman et son double mental

Spiderman 3, la nouvelle production de Columbia Pictures, réunit une nouvelle fois l’équipe technique et les acteurs qui ont fait le succès des deux premiers films, dans une intrigue complexe entremêlant secrets, amour, vengeance et pardon, idéale pour captiver les spectateurs du monde entier à partir du 2 mai 2007 ». Voilà ce qui peut se lire sur le site officiel du film. En quatre mots, est résumé un film qui met en haleine de nombreux spectateurs depuis longtemps. Présent sur tous les fronts médiatiques, ce nouvel opus de l’homme-araignée ne laisse pas indifférent. Est-ce parce que beaucoup l’attendent ou est-ce pour voir ce que peut donner le film le plus cher de l’histoire du cinéma ? La sortie du film en avant-première mondiale en France aujourd’hui nous le dira peut-être. Une fois n’est pas coutume, Le Monde est à nous se consacre à l’effervescence d’un blockbuster.

Spiderman 3 ou le film de 250M$ peut se targuer d’avoir réussi son entrée en matière au regard du nombre d’émissions de télévision ou de radio, ou encore de forums et de sites sur l’autre toile qui lui sont consacrés. Vous allez dire : « Normal avec une enveloppe de 100M$ pour sa seule promotion (en plus des 250M$ pour sa réalisation) » et vous n’auriez pas entièrement tort. Mais si cette manne financière paraît impressionnante, il faut savoir que la plupart des films américains à gros budget possèdent un chéquier compris entre 50 et 100M$ pour cette mission. Cette enveloppe n’est donc pas un signe de réussite. Prenons pour exemple, le fabuleux, somptueux et tous les autres adjectifs que vous voulez (sur le ton de l’ironie), Superman returns qui avait un budget promotion estimé à 66M$. Bilan : pour les sommes investies qui varient suivant les sources, la balance est tantôt positive, tantôt négative. Alors pourquoi ne pas se faire de soucis pour ce nouveau film ? Tout simplement parce qu’au vu des chiffres d’affaires des deux précédents opus, il est difficile d’imaginer que le public ne sera pas au rendez-vous. Spiderman et Spiderman 2 sont au Panthéon des plus belles réussites financières avec des recettes respectivement de 807M$ et 784M$. En effet, avec la 1ère et la 2ème place du classement super héros et la 14ème et la 17ème place dans le classement des films les plus lucratifs, Spiderman 3 devrait au minimum connaître le même succès.

Par ailleurs, la tendance pour ce genre de films est l’intrigue sur la face sombre ou les origines du héros. Il suffit pour s’en convaincre de regarder Batman begins ou encore Superman returns. Le public est friand de ça, ajouté au nombre d’ennemis que va combattre Peter Parker, les effets spéciaux que l’on annonce encore plus époustouflants, il ne fait plus aucun doute que ce film sera une vraie réussite financière. Après, l’ambition cachée des producteurs est sûrement de se rapprocher des cinq plus gros chiffres d’affaires mais pour cela il faudra certainement dépasser le milliard de dollars, chose tout à fait possible.

Au-delà de ces considérations de chiffres et de jeux sociologiques, ne faut-il pas parler du contenu et des personnes qui vont aller le voir ? Pour le contenu, Le Monde est à nous ne peut que vous inviter à lire les nombreuses critiques des magazines de cinéma. En revanche, nous pouvons ajouter quelques menues précisions sur les futurs spectateurs. Si nous savons tous que depuis longtemps les super héros font fureur, une tendance à la pérennité des personnages s’installe depuis que les films veulent reprendre une part de marché que les séries, où cinq saisons devient un minimum, leur ont subtilisé. En effet, le public s’immerge de plus en plus dans les divertissements qui leur permettent de suivre la vie de leurs personnages favoris. C’est d’ailleurs dans cette dynamique que l’on parle, avant même la sortie du troisième volet, de la réalisation du quatrième Spiderman. Les films en plusieurs actes, les séries remplaçant les films le dimanche soir, le public espère de plus en plus vivre des choses à travers des personnages de fiction. La vie est-elle si décevante que cela ?

O.N.

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